I. Crise : Explosion de la puissance de calcul, réseaux sous pression
Le monde est actuellement confronté à une « pénurie d'électricité » provoquée par l'IA. Les entreprises technologiques se disputent les ressources énergétiques à un rythme sans précédent pour répondre à la demande croissante en informatique.
Au Royaume-Uni, le PDG de National Grid, John Pettigrew, a révélé que les centres de données représentent désormais plus de la moitié de la nouvelle demande d'électricité. Le réseau britannique prévoit d'ajouter 19 GW de capacité d'ici cinq ans, soit l'équivalent d'un tiers de sa demande de pointe actuelle. Plus inquiétant encore, les demandes de raccordement au réseau ont explosé, passant de 41 GW à 125 GW en quelques mois seulement, soit plus du double de la consommation d'électricité de pointe actuelle du pays.
II. Données : Forte augmentation de la demande en électricité
Derrière la croissance de la puissance de calcul se cache une consommation énergétique massive.
Le rapport « Monde intelligent 2035 » de Huawei prévoit que la demande mondiale en informatique en 2035 sera 100 000 fois supérieure à celle de 2025.
Les données de l'Agence internationale de l'énergie montrent que la consommation mondiale d'électricité des centres de données a atteint 415 TWh en 2024, soit l'équivalent de la consommation annuelle totale d'électricité du Royaume-Uni.
Un rapport de Goldman Sachs avertit en outre que d'ici 2030, les centres de données d'IA pourraient augmenter la demande mondiale d'électricité de 175 % par rapport à 2023, représentant potentiellement environ 10 % de la consommation mondiale d'électricité.
Concrètement, un centre de calcul d'IA de 1 GW consomme autant d'électricité que 2,6 millions de foyers. ChatGPT, à lui seul, consomme plus de 500 000 kWh par jour, soit l'équivalent de la consommation électrique de 17 000 foyers américains.
III. Goulot d'étranglement : Infrastructures vieillissantes, problèmes de stabilité du réseau
Les réseaux électriques en Europe et aux États-Unis, construits en grande partie au siècle dernier, vieillissent et ont une capacité limitée, peinant à supporter les fortes charges des centres de données d'IA.
Un rapport du département américain de l'Énergie indique qu'en raison des fermetures de centrales électriques et de la demande croissante, les risques de pannes de courant aux États-Unis pourraient être multipliés par 100 d'ici 2030. La durée moyenne annuelle des coupures pourrait passer de 8,1 heures actuellement à 817 heures.
Bien que l'Europe dispose de plus de 30 % de capacités éoliennes et solaires, l'intermittence de ces sources fait d'un « approvisionnement énergétique stable » un luxe.
IV. La solution : le stockage d'énergie passe d'un rôle de soutien à un rôle central.
Auparavant considérée comme un outil complémentaire pour équilibrer la production d'énergies renouvelables variables, la montée en puissance de l'IA a fondamentalement remodelé les priorités énergétiques.
L'électricité est devenue le pilier de la puissance de calcul, et le stockage d'énergie constitue désormais le système central qui garantit la continuité de cette alimentation. Il ne s'agit plus seulement d'un système de support pour les équipements, mais d'une infrastructure essentielle au maintien des calculs de l'IA.
V. Mondialisation : le stockage d'énergie en Chine entre dans une ère dorée
Face à l'inquiétude mondiale concernant l'approvisionnement en électricité, l'industrie chinoise du stockage d'énergie saisit une « période faste pour son expansion à l'étranger ».
Les batteries lithium-ion chinoises détiennent plus de 75 % des parts de marché mondiales, grâce à une chaîne d'approvisionnement complète. Les exportations ont atteint 3,914 milliards d'unités en 2024, soit une hausse de 8,1 % par rapport à l'année précédente.
Des entreprises comme CATL, BYD, EVE, REPT et Gotion sont passées de la simple exportation de produits à l'établissement de bases de production et de centres de R&D en Europe, en Amérique du Nord et en Asie du Sud-Est, réalisant ainsi une « production locale pour un approvisionnement mondial ».
Les entreprises chinoises de stockage d'énergie passent de la « vente de produits » à « l'exportation de systèmes », complétant ainsi une stratégie de rayonnement mondial globale englobant à la fois la technologie et les normes.
VI. L'avenir : l'électricité définit les frontières de l'informatique
Il devient évident que la limite de la puissance de calcul ne réside pas dans les puces, mais dans l'électricité.
La compétition future ne portera pas seulement sur la capacité à produire le plus d'énergie, mais aussi sur la capacité à stocker l'électricité plus intelligemment et à l'utiliser plus efficacement. Dans cette révolution énergétique mondiale déclenchée par l'IA, le stockage de l'énergie annonce discrètement une nouvelle ère énergétique.